Belem

Trois-mâts Belem, le dernier grand voilier français et navire école

Stagiaire à bord du
BELEM

Sommaire

Belem voilier

Stagiaire à bord, une suite de circonstances…

Lors d’un repas de famille, mon beau-père (qui m’a élevé et n’est plus tout jeune) nous annonce à Silvia et moi qu’il s’est inscrit et à payé pour être stagiaire sur le Belem. Nous lui demandons des détails et ensuite il nous annonce qu’il va renoncer car il est seul et se rends compte qu’à son âge ce n’est pas simple.

Alors je lui dis que je vais avec lui pour lui faire plaisir (car c’est quelqu’un qui compte beaucoup à mes yeux). Mais à ce moment, je n’avais pas vraiment compris les implications de mon engagement. Il est tellement content qu’il m’offre mon billet.

Pas simple

Une fois rentré chez nous je me renseigne et visionne différentes vidéos disponibles sur le web. Mais surtout, je me rends compte qu’avec mes nombreux kilos de trop et les deux ans d’inactivités liés au Covid, je vais en baver sur ce bateau.

Comme expliqué dans notre profil, mon caractère est plutôt du style je fonce et ensuite je réfléchis. Mais aussi paradoxalement quand je m’engage, je fais tout pour aller jusqu’au bout. (Ce qui m’a déjà causé de solides galères).

Remise en question

Je décide de me reprendre en main et de retourner à la piscine 3 fois par semaine pour me remuscler un peu car sur la vidéo j’ai surtout remarqué que ce qui semble le plus dur est de tirer sur les cordes pour lever les voiles. Malheureusement il reste 15 jours avant d’appareiller. Ce qui est un peu court comme timing.

Je reçois par mail toute une liste de choses à prendre avec moi sur le bateau et je commence à stresser car je risque le mal de mer. Et même si j’ai navigué sur différents bateaux en Méditerranée, dans les Caraïbes et sur la mer d’Andaman, ce n’était pas le même type de bateau et je ne devais pas dormir dessus dans une bannette. (La bannette et le nom de la couchette sur les voiliers. Sa taille est approximativement celle d’un cercueil. Avec une hauteur légèrement plus haute de 10 cm).

Retournement de situation

Deux jours avant mon départ, mon beau-père me téléphone pour m’annoncer qu’il ne vient pas, car il ne s’en sent plus capable au regard de son âge. Malgré mon insistance, il reste sur sa position et me voilà parti pour embarquer seul.

Voilier Belem

Trois-mâts Belem,
le dernier grand voilier français

Première nuit à bord

Heureusement mon beau père a eu la bonne idée de payer un petit supplément pour passer la première nuit à quai à bord du bateau afin de s’habituer à l’environnement et des mouvements de la mer.

Après un check-in relativement strict du au Covid, j’embarque avec un lourd sac à dos, et j’ai déjà des problèmes pour passer l’écoutille et descendre dans le cœur du bateau. Ma première nuit se fait à quai et cela ne tangue pas de trop. J’ai le temps de rencontrer deux adorables cinquantenaires (un normand et un breton) avec qui directement l’amitié s’installe.

Le voilier Belem

Navigation

Jour 1

Après un copieux petit-déjeuner, nous accueillons les autres stagiaires. Nous avons déjà eu le temps de nous faire nos marques sur le bateau et avons inconsciemment diminué notre niveau de stress. Nous faisons connaissance avec les nouveaux arrivants et le capitaine nous fait un cours briefing sur la navigation et quel va être notre rôle à bord du bateau.

Celui-ci lève l’ancre vers 10 h (du port d’Ostende en Belgique). Et ce, pour une navigation de 3 jours jusqu’au port de La Rochelle en France. Nous sortons du port via le moteur et ne déployons pas immédiatement les voiles. Très vite nous nous rendons compte que ce type de voilier a un effet de gîte important et qu’il tangue pas mal *.

Je m’efforce donc de rester sur le pont et de regarder l’horizon. Après une heure de mer les premiers malades font leur apparition. J’ai de la chance, je n’ai pas le problème.

Une zone maritime très dense

Nous nous retrouvons très vite au cœur d’une zone maritime parmi les plus denses de la planète, en voilier traditionnel : il faut le faire au moins une fois dans sa vie !

En suivant le flux des navires de commerce et le rail de la Manche, on se forme à l’art de la navigation à l’ancienne sur une route de commerce. Porte-conteneurs, courants, vent : la Manche est exigeante pour les marins et pleine d’enseignements pour les débutants. On s’attend à une paisible navigation mais c’est tout le contraire qui nous attend.

Ma vie à bord
Ma vie à bord

Le Saviez-vous :

 Le roulis Désigne le mouvement de rotation d’un bateau autour d’un axe longitudinal, il crée une oscillation latérale alternativement sur tribord et sur bâbord. Lorsque l’inclinaison est continue, on parle de gîte.

Le tangage : Mouvement d’inclinaison périodique dans l’axe transversal du bateau vers l’avant puis vers l’arrière. Le mouvement est induit par les vagues qui arrivent de front et qui soulèvent l’avant du navire faisant que l’arrière s’enfonce, et vice-versa.

Une vie active à bord

Jour 2

Répartis en 3 groupes appelées « tiers », sous la conduite d’un matelot référent, vous prenez part à l’ensemble des activités pratiques et théoriques de jour comme de nuit organisées par période de 4 heures, appelées « quarts » pour :

  • envoyer les voiles
  • faire l’ascension du grand mât et grimper dans les vergues pour serrer les voiles
  • diriger le navire depuis la barre et déterminer sa position
  • faire briller les cuivres et briquer le pont
  • suivre les enseignements du capitaine (l’incroyable histoire du Belem, le déchiffrage d’une carte marine, les règles de navigation, l’action du vent sur les voiles)

Nous avons également servi le repas aux stagiaires et membres de l’équipage, Sans compter le réveil pour notre quart à 3h du mat. Ce qui m’a permis de faire de superbes photos du lever de soleil sur la mer.

Le Belem
Le Belem
Le Belem
Levé de soleil sur le Belem

Apprentissage

Jour 3

Loin d’une simple balade en mer, l’œil plus que jamais rivé sur le radar et l’horizon, nous apprenons à faire preuve d’une vigilance de tous les instants,

Nous apprenons les règles de barre, les feux des navires et le balisage maritime.
On nous explique le fonctionnement des DST (Dispositif de Séparation du Trafic) et nous avons vu passer sur une journée plus de navires qu’en une seule année !

Après un réveil à minuit, nous avons effectué plusieurs tâches :

  • La barre (garder le cap)
  • La vigie
  • La surveillance du bateau


Dans la journée, nous avons nettoyé les cuivres, le bateau, rangé les cordages.
Car 4000 m de cordages. Il ne faut pas les mélanger, chaque cordage a sa place, et surtout toujours bien les lover, et ranger, après chaque manœuvre, sinon, les matelots ne sont pas contents. Et je les comprends, pour avoir passé 5 minutes avec l’un d’eux, à « détricoter » une écoute mal lovée.

Levé de soleil sur le Belem
Cordages
Levé de soleil sur le Belem
Voiles Belem

L’équipage :

Le Belem navigue grâce à un équipage mixte composé de 16 marins professionnels issus de la marine marchande, instructeurs embarqués pour une période de 45 jours en moyenne ; ce sont des civils formés à la navigation de commerce.

L’équipage se compose de 5 officiers (un capitaine, un second capitaine, un chef mécanicien et deux lieutenants), deux cuisiniers professionnels et un maître d’équipage ou « bosco » qui encadre huit matelots (gabiers) dont un maître charpentier. Le bosco assure le lien entre officiers et matelots.

Mer
Le Belem
La barre
Le Belem

Mon avis :

Naviguer cœur d’une zone maritime parmi les plus denses de la planète, en voilier traditionnel : il faut le faire au moins une fois dans sa vie ! Si vous êtes prêt à sortir de votre zone de confort et que les nouveaux challenges ne vous font pas peur, cette aventure est faite pour vous.

Effectivement, vous dormirez très peu, cela n’a rien à voir avec le confort de votre chambre à coucher. Mais il s’agit d’une expérience réellement enrichissante. Parfois on se fait mal. Croire que tirer sur des cordages c’est simple, et que cela ne demande pas d’effort physique est un peu utopique.

Quand on vous réveille à minuit et que vous vous retrouvez sur le pont du bateau dans le noir et que vers 3h du matin vous devez mettre les voiles, franchement ce n’est pas simple. Mais à vous de voir si vous aurez le courage de le faire.
Si oui, n’hésitez pas une seconde à vous inscrire.

Personnellement, comme j’étais en surcharge pondérale et qu’en plus je venais de sortir (comme beaucoup d’une crise de 2 ans de covid). Ce fut réellement un électrochoc pour me faire comprendre qu’il était temps de me remettre au sport et de changer de mode de vie.

Pour voir les prochaines aventures ou pour réserver votre propre expédition. 
Site officiel de la fondation Belem

Pour voir mon article sur l’histoire de ce fantastique voilier et voir les différentes parties du bateau : Cliquez sur ce lien

Si l’aventure à bord du Belem vous tente, nous avons écrit un article sur comment lutter sur le mal de mer : Article sur le mal de mer

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