L’impact dévastateur du plastique dans les mers

En Asie du Sud-Est

L’océan et les mers, berceaux de la vie et régulateurs de notre climat, sont aujourd’hui gravement menacés par une pollution plastique croissante. Depuis le milieu du XXᵉ siècle, l’essor des polymères synthétiques, utilisés massivement pour leurs propriétés économiques et pratiques, a généré une crise écologique majeure. Cette pollution impacte la faune, la flore, les chaînes alimentaires et, inévitablement, l’humanité elle-même. Décortiquons ensemble les données, les causes et les solutions possibles à ce problème global. Et particulièrement visible en Asie du Sud-Est.

Sommaire

Les cinq gyres et les zones d’accumulation

Le plastique ne se répartit pas uniformément dans les océans. Sous l’influence des courants marins, il s’accumule dans des zones spécifiques appelées gyres océaniques. Le plus célèbre d’entre eux est le Gyre subtropical du Pacifique Nord, surnommé le continent de plastique. Cette zone, couvrant environ 1,6 million de kilomètres carrés, contient une concentration impressionnante de débris plastiques flottants.

Cependant, cette accumulation visible n’est que la partie émergée de l’iceberg. Des études ont révélé que jusqu’à 70 % des plastiques océaniques coulent et s’accumulent sur les fonds marins, où ils perturbent les écosystèmes benthiques.

Un impact écologique et sanitaire dévastateur

La pollution plastique a des effets en cascade sur la biodiversité marine. Plus de 800 espèces marines sont affectées, qu’il s’agisse d’ingestion, d’enchevêtrement ou de destruction de leurs habitats. Les tortues confondent les sacs plastiques avec des méduses, tandis que les oiseaux marins ingèrent des morceaux de plastique qu’ils ne peuvent digérer, provoquant leur mort par inanition.

Les microplastiques, quant à eux, sont consommés par le zooplancton, premier maillon de la chaîne alimentaire marine. Cela entraîne une bioaccumulation, qui affecte les poissons, puis les mammifères marins et, enfin, les humains. Une étude publiée en 2022 a révélé la présence de microplastiques dans le sang humain pour la première fois. Les implications sur la santé, bien que mal comprises, suscitent des inquiétudes majeures, notamment sur les effets endocriniens et immunitaires.

Une crise économique

Outre son impact environnemental, la pollution plastique coûte cher. Elle génère des pertes estimées à 13 milliards de dollars par an, principalement pour les secteurs de la pêche, du tourisme et du transport maritime. Les filets abandonnés, par exemple, continuent de capturer du poisson, réduisant les stocks halieutiques et causant des dommages aux équipements des pêcheurs.

Déchets marins flottants

Courants marins et vents :

Les courants marins transportent des déchets provenant d’autres régions du Vietnam, des pays voisins (Thaïlande, Cambodge, Malaisie) ou de navires en mer. Les plages de Phu Quoc, situées dans le golfe de Thaïlande, reçoivent parfois des déchets charriés par les marées.

Pollution transfrontalière :

Les pays voisins déversent parfois leurs déchets dans les fleuves ou les rivières qui se jettent dans la mer, contribuant à cette pollution.

Activités locales

Déchets des villages de pêcheurs :

Les activités de pêche génèrent des déchets comme des filets en plastique, des emballages et des cordages, qui peuvent finir dans la mer. Certains villages manquent encore d’infrastructures pour gérer les déchets de manière adéquate.

Tourisme :

La croissance rapide du tourisme sur l’île a contribué à une augmentation des déchets, souvent mal gérés dans certaines zones.
Certains visiteurs peu respectueux laissent des détritus sur les plages.

Mauvaise gestion des déchets

Infrastructures insuffisantes :

Malgré les efforts récents, Phu Quoc ne dispose pas encore de systèmes de gestion des déchets optimaux pour faire face à l’afflux touristique croissant.
Les décharges mal contrôlées ou non étanches peuvent contaminer l’environnement, et des déchets se retrouvent emportés par le vent ou les pluies dans les cours d’eau.

Absence de recyclage généralisé :

Le recyclage des déchets plastiques est peu développé dans cette région, ce qui exacerbe le problème.

Déchets provenant des navires

Transport maritime :

Les cargos, navires de pêche et ferrys qui circulent dans le golfe de Thaïlande contribuent également à la pollution en rejetant illégalement des déchets plastiques ou autres en mer.

Conséquences sur l’environnement

Écosystèmes marins menacés 
Les déchets plastiques endommagent les récifs coralliens et mettent en danger la faune marine (tortues, poissons, oiseaux marins).

Dégradation des plages 
Les plages jonchées de déchets nuisent à l’esthétique et à l’attrait touristique de l’île.

Effets sur les habitants 
Les déchets peuvent affecter la pêche locale, principale source de revenus pour de nombreux habitants.

Le saviez-vous ?

Les objets en plastique les plus fréquemment retrouvés dans les océans sont les mégots de cigarette, les bouteilles et les sacs plastiques. Un seul mégot peut contaminer jusqu’à 500 litres d’eau avec des substances toxiques.

Dans l’Arctique, une région longtemps préservée, des microplastiques ont été détectés jusque dans les glaces. Cela illustre la dispersion mondiale de cette pollution, aggravée par les courants et les vents.

Le Great Pacific Garbage Patch, bien que célèbre, n’est pas un amas solide mais une soupe plastique, où les déchets flottants se mélangent à l’eau et aux organismes marins. Cette situation complique leur nettoyage, car retirer ces particules sans endommager la vie marine reste un défi technique.

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