
En Thaïlande, bien que le bouddhisme Theravada soit la religion prédominante, les Thaïlandais pratiquent un syncrétisme religieux unique. Ils intègrent des croyances animistes, brahmaniques, et des cultes des esprits dans leur vie quotidienne. Ces traditions ancestrales coexistent harmonieusement avec le bouddhisme, créant un riche tissu spirituel et culturel.
L’animisme est profondément enraciné dans la culture thaïlandaise. Les Thaïlandais croient que les objets, les lieux et les créatures possèdent tous une essence spirituelle. Voici quelques éléments clés de ces croyances :
Les arbres sacrés, appelés « don phi », sont vénérés et souvent entourés de tissus colorés ou de petits sanctuaires. Le ficus religieux, ou figuier des pagodes, est particulièrement sacré car c’est sous un tel arbre que le Bouddha aurait atteint l’illumination.
Les « san phra phum » ou maisons des esprits sont des sanctuaires miniatures placés à l’extérieur des maisons et des bâtiments pour honorer les esprits locaux et les protéger. Les habitants y déposent des offrandes quotidiennes telles que de la nourriture, des boissons et des fleurs pour apaiser les esprits et attirer la bonne fortune.
Le brahmanisme, ou hindouisme ancien, a également une influence notable en Thaïlande. Introduit par les premiers commerçants et influencé par les royaumes voisins comme l’Empire khmer, il a laissé des traces dans les cérémonies royales et les festivals :
Les cérémonies royales thaïlandaises intègrent souvent des rituels brahmaniques. Par exemple, le « Royal Ploughing Ceremony » (cérémonie de labourage royal) marque le début de la saison agricole et invoque la bénédiction des divinités hindoues pour une récolte abondante.
Les divinités hindoues telles que Brahma, Vishnu et Shiva sont également vénérées en Thaïlande. Le sanctuaire de Erawan à Bangkok, dédié à Brahma, est un exemple célèbre où les fidèles viennent prier pour la prospérité et la protection.
Les cultes des esprits, ou « phi », sont omniprésents en Thaïlande. Les Thaïlandais croient en une multitude d’esprits, chacun ayant des rôles spécifiques dans la vie quotidienne :
Phi Ta Khon, ou le Festival des Fantômes, est une célébration annuelle à Dan Sai, dans la province de Loei. Les habitants portent des costumes colorés et des masques grotesques pour imiter les esprits et invoquer la pluie et la fertilité pour les récoltes.
Les Thaïlandais croient que les esprits des ancêtres peuvent influencer le bien-être des vivants. Les rites funéraires et les fêtes comme le « Wan Khaw Phansa » (entrée dans la saison des pluies) incluent des offrandes pour honorer et apaiser les esprits des défunts.
Les superstitions et l’utilisation des amulettes sont courantes en Thaïlande. Les amulettes bouddhistes, les tatouages sacrés (« sak yant ») et les objets bénis sont portés pour la protection et la chance.
Les tatouages « sak yant » sont réalisés par des moines ou des maîtres tatoueurs. Ils croient qu’ils confèrent des pouvoirs magiques de protection et de force à ceux qui les portent. Les motifs incluent des symboles bouddhistes, des divinités hindoues et des écritures khmères.
Les amulettes, souvent bénies par des moines, sont portées pour attirer la chance, la santé et la protection contre les mauvais esprits. Les amulettes de Bouddha sont particulièrement populaires, mais d’autres incluent des représentations de moines célèbres et de divinités hindoues.
Les croyances thaïlandaises vont bien au-delà du bouddhisme, incorporant des éléments animistes, brahmaniques et des cultes des esprits. Ces traditions enrichissent la culture thaïlandaise et offrent un aperçu fascinant de la manière dont les Thaïlandais perçoivent le monde spirituel. La coexistence harmonieuse de ces croyances avec le bouddhisme crée une mosaïque unique de pratiques religieuses et de superstitions qui continuent de jouer un rôle essentiel dans la vie quotidienne des Thaïlandais.
En Thaïlande, les superstitions jouent un rôle crucial dans la vie quotidienne des habitants. Ces croyances, souvent transmises de génération en génération, influencent de nombreux aspects de la vie, des décisions importantes aux gestes quotidiens. Voici quelques-unes des superstitions les plus courantes et leurs significations.
Les « san phra phum », ou maisons des esprits, sont omniprésentes en Thaïlande. Chaque maison et bâtiment dispose généralement d’une petite structure dédiée aux esprits protecteurs du lieu. Les habitants déposent des offrandes de nourriture, de boissons et de fleurs pour apaiser ces esprits et s’assurer de leur protection et de leur bienveillance.
Certains arbres, en particulier les grands banians, sont considérés comme sacrés car ils sont censés abriter des esprits. Ces arbres sont souvent décorés de tissus colorés et de petites offrandes pour honorer les esprits qui y résident et éviter de les contrarier.
Il est considéré comme malchanceux de se faire couper les cheveux le mercredi. Ce jour est associé à la malchance dans ce contexte, et beaucoup de Thaïlandais évitent de se rendre chez le coiffeur ce jour-là.
Placer des chaussures sur une étagère plus haute que sa tête est vu comme un manque de respect et peut apporter la malchance. De plus, il est considéré comme malchanceux de retourner ses chaussures car cela pourrait inviter les mauvais esprits dans la maison.
Ouvrir une ombrelle à l’intérieur d’une maison est également perçu comme un acte de malchance. Cette superstition est liée à la croyance que cela pourrait inviter les mauvais esprits dans la maison.
Le numéro 9 est considéré comme très chanceux en Thaïlande. Il est prononcé « gao », qui sonne comme le mot thaïlandais pour « progresser ». Les Thaïlandais cherchent souvent à intégrer ce chiffre dans leur vie, que ce soit dans les numéros de téléphone, les plaques d’immatriculation ou les dates importantes.
Certains numéros de maison sont évités car ils sont associés à la malchance. Par exemple, le chiffre 6 peut être perçu négativement car il peut être associé à la souffrance ou à la perte.
Entendre un gecko, ou « jhing jhok », au début d’un voyage est considéré comme un mauvais présage. Si le gecko crie une fois, c’est un signe de malchance, tandis que s’il crie trois fois, cela peut être un bon signe.
Comme dans de nombreuses cultures, voir un chat noir traverser son chemin est souvent perçu comme un signe de malchance en Thaïlande. Cependant, certains Thaïlandais croient que nourrir un chat noir peut apporter de la chance et de la prospérité.
Rêver de serpents est souvent interprété comme un signe que l’on va rencontrer son futur partenaire. Si le serpent mord ou enserre le rêveur, cela signifie que l’amour est destiné à être très passionné.
Rêver que l’on perd ses dents est considéré comme un signe de malchance, souvent interprété comme un présage de maladie ou de mort dans la famille.
Il est considéré comme particulièrement chanceux de naître un vendredi. Les enfants nés ce jour-là sont censés avoir un avenir prospère et réussir dans la vie.
Chaque jour de la semaine est associé à un Bouddha protecteur et à des couleurs spécifiques. Les parents habillent souvent leurs enfants de la couleur correspondant au jour de leur naissance pour leur apporter chance et protection.
Les superstitions en Thaïlande sont une partie intégrante de la culture et de la vie quotidienne. Elles reflètent les croyances profondes et les traditions qui ont été transmises à travers les générations. Ces superstitions, qu’elles soient liées aux esprits, aux animaux ou aux rêves, continuent d’influencer la manière dont les Thaïlandais vivent, prennent des décisions et interagissent avec le monde qui les entoure.
A gauche un arbre sacré habité par des esprits
Le bouddhisme a été introduit en Thaïlande au IIIe siècle avant notre ère par des missionnaires envoyés par l’empereur Ashoka de l’Inde. Il s’est répandu rapidement grâce aux royaumes de Sukhothai et d’Ayutthaya qui ont adopté le bouddhisme Theravada comme religion d’État. Ce courant met l’accent sur les enseignements originels du Bouddha et sur la communauté monastique.
Durant la période Sukhothai (1238-1438), le bouddhisme a prospéré, et de nombreux temples et monastères ont été construits. Le règne du roi Ramkhamhaeng a marqué un âge d’or pour la religion avec l’introduction de l’écriture thaïlandaise et la propagation des textes bouddhistes.
La période Ayutthaya (1350-1767) a vu l’extension de l’influence bouddhiste avec l’importation de nouvelles doctrines et la construction de monuments impressionnants. Les invasions birmanes ont perturbé cette ère, mais le bouddhisme a continué à être une force unificatrice dans le pays.
Le bouddhisme Theravada, majoritaire en Thaïlande, se concentre sur les enseignements originels du Bouddha Gautama. Les principales croyances incluent les Quatre Nobles Vérités et le Noble Chemin Octuple. Les pratiques courantes comprennent la méditation, la prière, les offrandes aux moines et les célébrations des fêtes bouddhistes.
Les Thaïlandais intègrent souvent des éléments animistes et brahmaniques dans leurs pratiques bouddhistes, comme le respect des esprits locaux et l’utilisation de talismans pour la protection.
Le financement des temples et des activités bouddhistes en Thaïlande provient principalement des dons des fidèles. Ces contributions peuvent être financières ou sous forme de nourriture, vêtements et autres biens nécessaires pour les moines et les monastères. Le gouvernement thaïlandais soutient également le bouddhisme en finançant la construction et la restauration des temples, ainsi que l’éducation monastique.
Le bouddhisme est la religion dominante en Thaïlande, avec environ 95% de la population qui s’identifie comme bouddhiste. Il y a environ 300 000 moines bouddhistes en Thaïlande, et ce nombre peut augmenter pendant les périodes de retraite spirituelle où les hommes rejoignent temporairement la vie monastique.
Les monastères, appelés « wats », sont des centres vitaux de la vie communautaire, offrant des services éducatifs, sociaux et spirituels.
Le bouddhisme joue un rôle central dans la vie thaïlandaise, influençant la culture, les traditions et la société. Son histoire riche et complexe continue d’évoluer, offrant un cadre spirituel et moral à des millions de fidèles. Les temples majestueux, les pratiques quotidiennes et les festivals colorés témoignent de l’importance durable du bouddhisme en Thaïlande.
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