
Enver Hoxha a dirigé l’Albanie de 1944 jusqu’à sa mort en 1985, établissant un régime communiste strict et isolant le pays du reste du monde. Cette période, longue de plus de quarante ans, a profondément marqué l’histoire de l’Albanie. Voici un aperçu détaillé :
Enver Hoxha a pris le pouvoir à la fin de la Seconde Guerre mondiale. En 1944, les forces partisanes dirigées par le Parti communiste albanais, sous la direction de Hoxha, ont réussi à libérer l’Albanie des forces d’occupation fascistes italiennes et nazies. Le 29 novembre 1944, l’Albanie a été déclarée libre de toute occupation étrangère, marquant le début du règne de Hoxha.
Après la guerre, Hoxha a rapidement consolidé son pouvoir. Il a éliminé ses rivaux politiques et a établi un État à parti unique sous le contrôle du Parti du travail d’Albanie, le nouveau nom du Parti communiste. La constitution de 1946 a transformé l’Albanie en une République populaire, avec Hoxha en tant que Premier ministre et secrétaire général du Parti du travail.
Le régime de Hoxha était marqué par une répression sévère. Il a mené des purges régulières pour éliminer toute opposition réelle ou perçue. Des milliers de personnes ont été emprisonnées, envoyées dans des camps de travail forcé ou exécutées. La police secrète, connue sous le nom de Sigurimi, surveillait étroitement la population, créant un climat de peur et de méfiance.
Hoxha a introduit des politiques économiques basées sur le modèle stalinien de l’Union soviétique. L’agriculture a été collectivisée, et l’industrie a été nationalisée et développée rapidement. Malgré certains succès initiaux en matière d’industrialisation, ces politiques ont souvent conduit à des pénuries de nourriture et à une inefficacité économique.
Dans les premières années de son règne, Hoxha a établi des relations étroites avec l’Union soviétique. L’Albanie est devenue un membre fidèle du bloc de l’Est, recevant une aide économique et militaire de la part de Moscou. Cependant, Hoxha a rompu avec l’Union soviétique en 1961, après la déstalinisation menée par Nikita Khrouchtchev, qu’il considérait comme une trahison des principes communistes.
Après la rupture avec l’Union soviétique, Hoxha a cherché un nouvel allié en se rapprochant de la Chine de Mao Zedong. Cette alliance a duré jusqu’à la fin des années 1970, lorsque la Chine a commencé à se rapprocher des États-Unis. Hoxha a alors critiqué la Chine pour sa « trahison du marxisme-léninisme » et a décidé de suivre une voie strictement autarcique, isolant encore plus l’Albanie.
Le régime de Hoxha était caractérisé par un culte de la personnalité intense. Les portraits de Hoxha étaient omniprésents, et il était présenté comme le sauveur de la nation. Les écoles, les usines et les institutions publiques portaient son nom, et ses écrits étaient étudiés et glorifiés.
Tous les médias étaient strictement contrôlés par l’État. La propagande diffusait l’idéologie du Parti du travail et présentait une image idéalisée de la vie en Albanie. Toute critique du régime était sévèrement punie. La télévision, la radio et la presse écrite étaient utilisés pour maintenir l’ordre social et promouvoir les politiques du gouvernement.
Les conditions de vie en Albanie sous Hoxha étaient souvent difficiles. Les pénuries de biens de consommation étaient courantes, et les libertés personnelles étaient fortement restreintes. Les voyages à l’étranger étaient interdits pour la plupart des citoyens, et l’accès à l’information provenant de l’extérieur était limité. Malgré cela, Hoxha a réussi à maintenir une certaine stabilité et à améliorer certains indicateurs de développement humain, comme l’alphabétisation et l’espérance de vie.
Enver Hoxha a souffert de divers problèmes de santé dans les dernières années de sa vie. Il a été victime de plusieurs crises cardiaques, dont une particulièrement sévère en 1973, qui l’a considérablement affaibli. À partir de ce moment, il a progressivement réduit ses apparitions publiques et a délégué de plus en plus de responsabilités à ses proches collaborateurs, notamment à Ramiz Alia, qui lui a succédé à la tête du Parti du travail d’Albanie.
Les dernières années de sa vie ont été marquées par une détérioration rapide de sa santé. Enver Hoxha a souffert de diabète, d’hypertension et de complications cardiovasculaires. Ces maladies, combinées au stress constant de maintenir un régime dictatorial et à l’isolement international de l’Albanie, ont contribué à affaiblir encore davantage son état physique.
Le 11 avril 1985, Enver Hoxha est décédé d’une insuffisance cardiaque. Sa mort a été un événement marquant en Albanie, et elle a été suivie d’un deuil national. Les funérailles d’Hoxha ont été organisées avec une grande solennité. Elles ont attiré des milliers de personnes venues rendre hommage à celui qui avait dirigé l’Albanie pendant plus de quatre décennies.
Les funérailles se sont déroulées à Tirana, avec une cérémonie officielle au Palais des Brigades. Son cercueil, drapé de l’emblème rouge du Parti du travail d’Albanie, a été porté à travers les rues de la capitale avant d’être inhumé dans un mausolée spécialement construit pour lui.
La mort d’Enver Hoxha a marqué la fin d’une ère pour l’Albanie. Son successeur, Ramiz Alia, a tenté de maintenir le régime communiste, mais a été confronté à des défis croissants. La fin de la Guerre froide, les changements politiques en Europe de l’Est, et la pression interne pour des réformes ont finalement conduit à la chute du régime communiste en 1991, six ans après la mort d’Hoxha.
En résumé, Enver Hoxha est mort d’une insuffisance cardiaque le 11 avril 1985, après des années de maladie. Sa mort a ouvert la voie à des changements significatifs en Albanie, marquant la fin d’une dictature qui a duré plus de 40 ans.
Les réformes initiées par Alia n’ont pas suffi à endiguer le mécontentement populaire. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, l’Albanie a été secouée par des manifestations et des mouvements de protestation. En 1991, le Parti du travail a renoncé au monopole du pouvoir, et des élections multipartites ont été organisées. Cela a marqué la fin de la dictature communiste et le début de la transition vers la démocratie et l’économie de marché.
L’héritage d’Enver Hoxha est complexe et controversé. Son régime a laissé un pays isolé, économiquement en difficulté, et traumatisé par des décennies de répression. Cependant, certains aspects de son gouvernement, comme l’accent mis sur l’éducation et la santé publique, sont parfois vus sous un jour plus positif. Aujourd’hui, l’Albanie cherche à se réconcilier avec son passé tout en construisant un avenir démocratique et prospère.
Voici une description détaillée de la dictature d’Hoxha, en mettant l’accent sur les dénonciations, les sévices, les tortures et les meurtres :
Le régime d’Enver Hoxha se caractérise par une répression sévère et systématique visant à maintenir un contrôle absolu sur la population, souvent au prix de la liberté et de la vie humaine.
Ne ratez pas mon article sur le bunker principal d’Enver Hoxha que j’ai visité dans la banlieue de Tirana.
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