Après la défaite française à Dien Bien Phu, les Accords de Genève divisèrent le Vietnam en deux entités séparées par le 17e parallèle, avec la promesse d’élections nationales en 1956 pour réunifier le pays. Le Nord devint la République démocratique du Vietnam, dirigée par Ho Chi Minh et son Parti des travailleurs, d’orientation communiste. Le Sud, sous l’influence des États-Unis, devint la République du Vietnam, gouvernée par Ngo Dinh Diem, un nationaliste catholique farouchement anti-communiste.
Après la division du pays, les tensions entre le Nord et le Sud du Vietnam ne cessèrent de croître. Le Sud, dirigé par le président Ngo Dinh Diem, (Voir ci-dessous), refusa d’organiser les élections prévues par les Accords de Genève pour réunifier le pays. La répression brutale des opposants politiques par le régime de Diem, en particulier les communistes, alimenta une insurrection croissante.
C’est dans ce contexte que les États-Unis, craignant une expansion du communisme en Asie du Sud-Est (théorie du « domino »), commencèrent à intensifier leur soutien au gouvernement sud-vietnamien. Ce soutien se traduisit rapidement par une escalade militaire, culminant avec l’intervention massive des troupes américaines en 1965. Pour le peuple vietnamien, cette nouvelle phase du conflit fut perçue comme une continuation de la lutte contre un envahisseur étranger, cette fois non plus français, mais américain.
Mise en place d’une dictature fantoche
L’Ascension de Ngo Dinh Diem avec l’Aide de la CIA
Ngo Dinh Diem, un fervent nationaliste et catholique, fut choisi par les USA pour diriger le Sud-Vietnam.
Bien qu’il ait peu de soutien populaire au départ, sa position anticommuniste et son rejet des Accords de Genève (notamment les élections prévues en 1956 pour réunifier le Vietnam) séduisirent Washington. La CIA, sous la direction d’Edward Lansdale, joua un rôle central dans l’installation de Diem au pouvoir.
Le soutien de la CIA : Lansdale, alors chef de la CIA en Asie du Sud-Est, fut envoyé à Saigon pour renforcer la position de Diem. La CIA utilisa des moyens variés, allant de la propagande à la formation d’une garde rapprochée pour le protéger, en passant par des financements pour acheter des soutiens politiques. Lansdale orchestrait des campagnes visant à discréditer les opposants politiques de Diem et à promouvoir son image comme celle d’un leader nationaliste et légitime.
L’élimination des rivaux locaux : Diem dut consolider son pouvoir en affrontant des forces hostiles au sein même du Sud-Vietnam. Avec le soutien logistique et financier de la CIA, il mena des campagnes contre les groupes armés locaux, comme les Cao Dai et les Hoa Hao, ainsi que contre la pègre de Saigon, notamment la puissante organisation criminelle Binh Xuyen, qui contrôlait une grande partie de la capitale. La victoire contre ces groupes permit à Diem de centraliser le pouvoir.