Berat, surnommée la « ville aux mille fenêtres », est l’une des villes les plus anciennes et les plus fascinantes d’Albanie. Son histoire est marquée par des époques de grandeur et des périodes d’invasions, toutes ayant laissé une empreinte indélébile sur son patrimoine architectural et culturel. L’histoire de Berat est un témoignage de sa résilience et de sa capacité à intégrer diverses influences culturelles, qui se reflètent dans sa riche architecture et ses traditions. Visiter Berat, c’est parcourir des siècles d’histoire européenne et méditerranéenne, encapsulés dans une seule ville pittoresque.
Les origines de Berat remontent à l’Antiquité, avec des preuves de peuplement datant de 2600 à 1800 av. J.-C. La région était alors connue sous le nom de « Antipatreia », en l’honneur d’Antipater, un général macédonien de l’armée d’Alexandre le Grand. Cette période a jeté les bases de la riche mosaïque culturelle de la ville.
Sous l’Empire romain, Berat devint un centre urbain important. Après la division de l’empire, elle tomba sous la sphère byzantine, qui influença grandement son architecture et ses arts, notamment avec la construction de nombreuses églises et la propagation de l’art religieux byzantin.
Au 15ème siècle, Berat fut conquise par les Ottomans, une période qui dura jusqu’au début du 20ème siècle. Les Ottomans transformèrent la structure urbaine de Berat, introduisant de nouvelles constructions comme des mosquées, des bains et des ponts, tout en respectant l’architecture existante. C’est à cette époque que Berat acquit son surnom de « ville aux mille fenêtres », dû à l’architecture caractéristique de ses maisons.
Au début du 20e siècle, Berat joua un rôle dans les mouvements d’indépendance albanaise. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle fut brièvement occupée par les Italiens puis par les Nazis, avant d’être libérée par les partisans albanais. Sous le régime communiste après la guerre, Berat devint un centre de la culture albanaise, bien que beaucoup de ses trésors religieux aient été négligés ou détruits durant la période athée du régime.
Après la chute du communisme en 1991, Berat a connu une renaissance culturelle et touristique. En 2008, la ville fut inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, en reconnaissance de son architecture unique et de sa valeur historique. Aujourd’hui, Berat est un site touristique majeur qui attire des visiteurs du monde entier, désireux de découvrir son histoire, sa culture et sa beauté exceptionnelle.
Nichée sur les hauteurs de la ville albanaise de Berat, la Citadelle, ou Kalaja, se dresse comme un témoin majestueux de l’histoire tumultueuse et riche de cette région. Cette forteresse, qui surplombe la vallée de l’Osum, offre non seulement une vue panoramique époustouflante, mais elle est également un labyrinthe de rues pavées et de maisons qui semblent figées dans le temps.
La Citadelle de Berat remonte à plus de 2 500 ans, avec des contributions significatives de diverses civilisations, notamment les Illyriens, les Romains, et les Ottomans. Ce site a été stratégiquement important durant de nombreux conflits, servant de défense contre les invasions et comme symbole de pouvoir. Son architecture unique reflète les différentes couches d’influence culturelle et militaire qui ont façonné la région au fil des siècles.
La structure de la Citadelle est remarquable pour sa capacité à s’intégrer naturellement au paysage montagneux. Les murs, construits principalement avec des pierres locales, sont renforcés à intervalles réguliers par des tours de guet, offrant des points de défense optimisés contre les attaquants. À l’intérieur de la citadelle, les visiteurs découvrent plusieurs églises, une mosquée, et de nombreuses résidences qui sont encore habitées aujourd’hui, ce qui en fait l’une des rares forteresses habitées en Europe.
La visite de la Citadelle commence souvent par une montée abrupte, pour laquelle il est conseillé de porter des chaussures confortables. En se promenant dans ses ruelles étroites, les visiteurs peuvent observer les traces de l’artisanat local, comme les petits ateliers d’artisans ou les boutiques de souvenirs. Les points d’observation le long des murs offrent des vues spectaculaires sur la ville de Berat et la vallée environnante.
La Citadelle ne sert pas uniquement de monument historique ; elle est aussi un centre vibrant de la culture albanaise. Elle accueille régulièrement des événements culturels, notamment des festivals de musique et des expositions d’art, qui attirent à la fois des locaux et des touristes. Ces événements sont des occasions précieuses pour les visiteurs de s’immerger dans la culture albanaise contemporaine tout en se connectant avec son passé.
Pour une expérience optimale, il est recommandé de visiter la Citadelle tôt le matin ou tard dans l’après-midi pour éviter la chaleur estivale. Prendre un guide local enrichira la visite avec des récits et des anecdotes qui ne se trouvent pas dans les guides traditionnels. De plus, n’oubliez pas de visiter les petites églises et la mosquée qui sont ouvertes au public, offrant un aperçu unique de la coexistence religieuse dans la région.
Mangalem, le cœur historique de Berat, a été développé principalement durant la période ottomane. Le quartier était alors un centre commercial et artisanal florissant, fréquenté par les commerçants et les voyageurs. L’influence ottomane est évidente dans l’architecture unique des maisons, caractérisée par des toits en tuiles rouges, des façades blanchies à la chaux et des « çardaks » (balcons en saillie).
Les maisons de Mangalem sont particulièrement connues pour leurs fenêtres surdimensionnées, qui semblent regarder la ville comme de grands yeux curieux. Cette caractéristique, souvent citée pour expliquer le surnom de « ville aux mille fenêtres » de Berat, n’est pas seulement esthétique ; elle avait également une fonction pratique, maximisant la lumière naturelle à l’intérieur des maisons étroites construites sur les pentes raides.
Une promenade à travers Mangalem est une expérience sensorielle. Les ruelles pavées, bordées de boutiques d’artisans et de cafés, résonnent des sons de la vie quotidienne. Les visiteurs sont souvent captivés par les détails architecturaux des bâtiments, tels que les portes sculptées et les murs ornés de motifs traditionnels.
Le Quartier de Gorica, situé de l’autre côté de la rivière Osum par rapport à Mangalem, est réputé pour ses maisons traditionnelles qui grimpent le long des collines, offrant un aperçu charmant du passé architectural de Berat. Ce quartier, moins touristique mais tout aussi riche en histoire, offre une perspective différente et plus tranquille sur la vie dans cette ville historique. En traversant le vieux pont vers Gorica, laissez-vous transporter par l’histoire, la beauté et la tranquillité de ce quartier unique, et emportez avec vous des souvenirs indélébiles de votre voyage à travers le temps à Berat.
Gorica, qui signifie « petite montagne » en albanais, a été historiquement le quartier où vivaient les chrétiens orthodoxes, tandis que Mangalem abritait principalement des musulmans durant la période ottomane. Cette division religieuse et culturelle a influencé l’architecture et l’ambiance du quartier, qui a su préserver un charme distinct.
Les maisons de Gorica sont célèbres pour leur construction robuste et leur adaptation à la topographie escarpée. Construites principalement en pierre, avec des toits en tuiles rouges, ces demeures possèdent souvent plusieurs étages, avec le rez-de-chaussée servant de lieu de stockage ou d’étable, et les étages supérieurs réservés à l’habitation. Les façades sont généralement blanchies à la chaux, et les fenêtres, bien que moins nombreuses que dans Mangalem, offrent des vues spectaculaires sur la rivière et la ville.
Une promenade à travers Gorica permet de découvrir ces maisons pittoresques et de s’immerger dans une atmosphère sereine, ponctuée par le son de la rivière et des pas sur les pavés. Le quartier est également connu pour ses petits cafés et ses terrasses, où l’on peut s’asseoir et apprécier la vue sur Mangalem et la citadelle.
En plus de son architecture, Gorica joue un rôle important dans la culture locale, en hébergeant divers événements et festivals qui célèbrent les traditions albanaise et orthodoxe. La coexistence pacifique des communautés religieuses à Berat est un exemple de la diversité et de la tolérance de la ville.
Pour ceux qui désirent visiter Gorica, il est conseillé de porter des chaussures confortables pour naviguer sur ses pentes et ses escaliers. Prenez le temps de vous arrêter dans un café pour savourer un café turc ou un raki local, tout en discutant avec les habitants, souvent prêts à partager des histoires sur leur quartier.
Vous trouvez cet article utile ? Alors ne garde pas tout pour vous, partagez-le
Nous ne collectons pas les adresses pour vous expédier du spam, nous ne les vendons pas et l’utilisons exclusivement pour vous expédier notre magazine mensuel gratuit.